Toute entreprise française qui tient sa comptabilité de façon informatisée doit, en cas de contrôle fiscal, remettre un Fichier des Écritures Comptables conforme à la norme de l'administration. Le format est strict : 18 colonnes ordonnées, séparateur tabulation ou pipe, encodage imposé, dates au format AAAAMMJJ, équilibres comptables vérifiés. Et un FEC rejeté en contrôle, ce n'est pas un détail administratif : c'est une présomption d'irrégularité de la comptabilité.
Le problème, c'est que les ERP du segment TPE/PME (Sage, EBP, Cegid PME, Dolibarr, Odoo) génèrent un FEC qui est presque conforme. Presque toujours une virgule, une date, un libellé ou des centimes qui posent problème. Et le dirigeant le découvre au pire moment : au début du contrôle, sous pression, l'expert-comptable indisponible.
fec-check existe pour ce moment-là, mais surtout pour l'éviter : valider à froid, en amont, sur votre poste, et obtenir un rapport qui dit ligne par ligne ce qui ne va pas et pourquoi.
Ce que l'outil vérifie
L'outil applique 21 règles réparties en trois familles, exécutées dans l'ordre. Si une famille échoue de manière bloquante, les suivantes ne sont pas exécutées : inutile de vérifier les équilibres comptables d'un fichier dont les colonnes sont dans le désordre.
Conformité de format. Encodage, séparateur, présence et ordre des 18 colonnes obligatoires (de JournalCode à Idevise), fins de ligne, lignes tronquées.
Cohérence comptable. Équilibre débit/crédit par écriture, équilibre global du fichier, format numérique des montants, exclusion mutuelle débit/crédit sur une même ligne, cohérence des comptes auxiliaires.
Cohérence temporelle. Dates au format AAAAMMJJ, écritures dans la période d'exercice, date de validation postérieure ou égale à la date d'écriture, numérotation chronologique.
Chaque règle cite sa source réglementaire : article A. 47 A-1 du Livre des procédures fiscales, arrêté du 29 juillet 2013, et les sections du BOFiP concernées. Quand le rapport dit qu'une ligne est non conforme, il dit aussi en vertu de quoi, et comment corriger. Pas de boîte noire.
Le cas d'usage : 30 minutes, une fois par an
Le bon moment pour valider un FEC, c'est juste après la clôture de l'exercice, quand tout le monde est disponible et que rien ne presse. Le déroulé type :
- Exportez le FEC depuis votre ERP ou demandez-le à votre expert-comptable. C'est un export standard, prévu par tous les logiciels du marché.
- Lancez la validation :
fec-check chemin/vers/mon-fec.txt, en précisant au besoin la période d'exercice via--exercice 2025-01-01:2025-12-31. L'analyse d'un fichier de quelques dizaines de milliers de lignes prend quelques secondes. - Lisez le rapport. Il existe en deux formats : un rapport Markdown lisible par un non-technicien (
--output-md), et un rapport JSON exploitable par un autre outil (--output-json). - Transmettez les anomalies à votre expert-comptable ou à l'éditeur de votre ERP. Le rapport cite la ligne, la règle violée et la source réglementaire : la conversation est courte.
Les 30 minutes incluent l'export et la lecture du rapport. La validation elle-même se compte en secondes.
Pour les équipes techniques : intégration en CI
fec-check est un outil en ligne de commande, déterministe et sans réseau : même fichier d'entrée, même rapport de sortie, à l'octet près. C'est exactement le profil d'outil qui s'intègre bien dans un pipeline.
Si votre système d'information génère des FEC (export comptable automatisé, interface entre votre métier et la comptabilité), vous pouvez valider chaque export automatiquement : le code de sortie distingue le fichier conforme du fichier en anomalie, et le rapport JSON se parse trivialement. Une anomalie de format se détecte alors le jour où elle apparaît, pas dix-huit mois plus tard en contrôle.
Les binaires sont compilés en Native AOT pour Windows, Linux et macOS : pas de runtime à installer sur la machine qui exécute la validation.
Ce que l'outil ne fait pas
Les limites sont aussi importantes que les fonctionnalités, donc autant les dire clairement :
- Pas de correction automatique. L'outil rapporte, il ne modifie jamais votre fichier.
- Pas de validation sémantique fine (cohérence TVA, lettrage, contreparties standards) : c'est le territoire de votre expert-comptable, pas d'un outil.
- Pas d'interface graphique, pas de version web où vous téléverseriez votre comptabilité sur le serveur de quelqu'un d'autre. Votre FEC ne quitte jamais votre poste : aucun appel réseau, aucune télémétrie.
- Pas d'IA. Toute règle est déterministe et citée. Pour de la conformité réglementaire, c'est un point d'identité, pas un détail.
L'outil ne remplace pas Test Compta Demat, le validateur officiel de la DGFiP. Il le complète : scriptable, messages d'erreur explicites en français, code source ouvert et auditable.
Pourquoi cet outil est gratuit
fec-check est publié en open source sur le GitHub de RezDevOps. C'est une vitrine de méthode : règles sourcées, tests, binaires signés, documentation. Si la qualité d'exécution vous parle, c'est exactement celle que j'applique en mission, notamment dans la partie audit FEC des audits data que je réalise pour les TPE/PME.
Si votre FEC remonte des anomalies que votre éditeur ou votre expert-comptable ne s'explique pas, c'est souvent le symptôme d'un problème plus large dans la chaîne de données. C'est précisément le genre de sujet qu'un audit permet d'objectiver. Parlons-en.
